Une matinée avec Dante et Dorothy Sayers

Lecture du Canto XVIII du «Purgatoire» – sur acedia – et écoute des commentaires du traducteur

«[Acedia] est insidieux et assume des formes tellement protéiformes qu’il est plutôt difficile de les définir. o . Ce n’est pas simplement l’oisiveté de l’esprit et la paresse du corps: c’est plutôt cet empoisonnement complet de la volonté qui, à commencer par l’indifférence et une attitude de introspection et désespoir. L’une des formes qui interpelle très fortement certains esprits modernes est cet acquiescement au mal et à l’erreur qui se déguise aisément en «tolérance»; un autre est ce refus d’être ému par la contemplation du bien et du beau que l’on appelle «désillusion», et parfois «connaissance du monde» ( cynisme? – O.L. ); un autre encore est le retrait dans une «tour d’ivoire» d’isolement…, communément appelée «évasion». La pénitence qui lui est assignée prend la forme de la pratique de la vertu opposée: un zèle actif. »

«Libre arbitre: le latin est libertum arbitrum (lit. libre choix ou libre jugement ) En fait, deux libertés sont en jeu: ( 1) bon choix; (2) le pouvoir de mettre en œuvre le choix. Quand le jugement est asservi, on ne peut pas discriminer; quand la volonté est asservie, on peut «connaître et approuver le meilleur, mais suivre le pire».

C’est souvent notre situation difficile, n’est-ce pas? nous savons ce qui est bien et même l’aimons mais faisons exactement le contraire ou ne faisons rien du tout (avec le même effet). Diagnostic: notre volonté n’est pas gratuite. Dans la vieille phrase de Paul, il est asservi au péché.