Enfer avec politesse (et avec l’étranger d’à côté)!

Un examen du classique postmoderne d’Amélie Nothomb.

Amélie Nothomb est la fille de deux diplomates belges. Ses livres sont sombres et un peu gothiques, tout comme elle. L’une de ses premières œuvres était The Stranger Next Door, un classique postmoderne publié en 1995. C’est l’histoire d’un couple marié qui a soif de tranquillité mais craint le silence.

M. et Mme Hazel ont trouvé leur place dans le monde: une petite maison au bord de la rivière, jolie et isolée – l’endroit idéal pour leur retraite.

Ils ont passé leur vie h à rêver de vieillir ensemble en paix. Leur nouvel environnement est désert à l’exception de la maison d’un seul voisin de l’autre côté de la rivière. Ils pensent:

«Nous avons de la chance! Ce voisin ne nous dérangera pas! »

Les deux ne pourraient pas être plus faux.

Entrez dans l’inconnu d’à côté

C’est précisément ce voisin, Palamède Bernardin, qui va rendre Émile Hazel fou.

Tranquillement.

Il rend les visites quotidiennes aux Hazel sans être invité, se fond dans «son» fauteuil et demande du café. Quand il se présente pour la première fois spontanément, les Hazel n’y pensent pas. Juste une visite amicale avec un voisin.

Mais Palamède revient tous les jours à 4 heures précises. Chaque jour, il est assis là et ne parle pas du tout. Les Hazel savent qu’ils doivent se débarrasser de lui ou il détruira leur île paisible.

Le problème est: ils sont trop polis pour simplement le renvoyer. Notre professeur Hazel bien élevé explique:

“Je n’ai pas osé me comporter comme une brute.”

À chaque visite, M. Hazel perd un peu de son identité apparemment solide. Malgré le silence de Palamède, Émile ressent le besoin de converser avec son invité. Ses divagations compulsives se transforment en un combat qu’il ne peut pas gagner.

Dans le même temps, Émile perd également sa crédibilité en tant que narrateur – un phénomène courant dans la littérature postmoderne.

Une parodie sociétale

M. et Mme Hazel se transforment en une parodie de la société française du XXe siècle: ils sont en bonne santé, minces, éduqués – et se pensent mieux que Palamède et sa femme gravement obèse, qu’ils ne décrivent que comme un «kyste».

Le style d’écriture grotesque de Nothomb s’exprime dans les mots d’Émile lorsqu’ils rencontrent le kyste pour la première fois:

“C’était une montagne de viande vêtue d’une robe, ou plutôt enveloppée de tissu.”

Vers la fin, la perception d’Émile du bien et du mal est complètement déformée. Il pensait avoir trouvé sa place dans le monde alors qu’en réalité, il n’a trouvé que sa propre nature terrifiante.

Émile Hazel n’est pas un héros, et il n’a pas besoin d’en être un. La façon dont Amélie Nothomb raconte cette histoire est d’autant plus convaincante. Cela ne la dérange pas de ridiculiser les abîmes humains ou son propre environnement académique d’une manière brutalement honnête.

Lors de la parution du livre en 1995, l’auteur français Didier Sénécal écrivait: «Amélie Nothomb est vraiment maléfique» – et c’est bien.

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